Le Président de la République, Vu la Constitution ; Vu la loi n° 5-2023 du 10 mai 2023 autorisant la ratification de la convention n° 118 de l’organisation internationale du travail (OIT) sur l’égalité de traite- ment (sécurité sociale) ; Vu le décret n° 2021-300 du 12 mai 2021 portant nomi- nation du Premier ministre, chef du Gouvernement ; Vu le décret n° 2022-1850 du 24 septembre 2022 por- tant nomination des membres du Gouvernement, Décrète :
Préambule
Décret n° 2023-160 du 10 mai 2023 portant ratification de la convention n° 118 de l’organisation internationale du travail (OIT) sur l’égalité de traitement (sécurité sociale)Statut juridique
Statut non vérifié
Ce texte n’a pas fait l’objet d’un contrôle d’abrogation par Mibeko. Seule la publication au Journal officiel fait foi.
Est ratifiée la convention n° 118 de l’organisation internationale du travail (OIT) sur l’égalifé de traitement (sécurité sociale), adoptée à Genève le 26 juin 1957, dont le texte est annexé au présent décret.
Le présent décret sera enregistré et publié au Journal officiel de la République du Congo.
Fait à Brazzaville, le 10 mai 2023 Par le Président de la République, Denis SASSOU-N’GUESSO Le Premier ministre, chef du Gouvernement, Anatole Collinet MAKOSSO Le ministre d’Etat, ministre de la fonction publique, du travail et de la la sécurité sociale, Firmin AYESSA Le ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des Congolais de l’étranger, Jean-claude GAKOSSO Le ministre de l’économie et des finances, Jean-Baptiste ONDAYE C118 Convention sur l’égalité de traitement (sécurité sociale), 1962 La Conférence générale de l’Organisation internatio- nale du Travail, Convoquée à Genève par le Conseil d’administration du Bureau international du Travail, et s’y étant réunie le 6 juin 1962, en sa quarante-sixième session ; Après avoir décidé d’adopter diverses propositions relatives à l’égalité de traitement des nationaux et des non-nationaux en matière de sécurité sociale, question qui constitue le cinquième point à l’ordre du jour de la session ; Après avoir décidé que ces propositions prendraient la forme d’une convention internationale, adopte, ce vingt-huitième jour de juin mil neuf cent soixante-deux, la convention ci- après, qui sera dénommée Convention sur l’égalité de traitement (sécurité sociale), 1962 :
Aux fins de la présente convention : a) le terme législation comprend les lois et règlements, aussi bien que les dispositions statutaires en matière de sécurité sociale ; b) le terme prestations vise toutes prestations, pen- sions, rentes et allocations, y compris tous supplé- ments ou majorations éventuels ; c) les termes prestations accordées au titre de régimes transitoires désignent, soit les prestations accordées aux personnes ayant dépassé un certain âge au moment de l’entrée en vigueur de la législation applicable, soit les prestations accordées, à titre transitoire, en considéra- tion d’événements survenus ou de périodes accomplies hors des limites actuelles du territoire d’un Membre; d) les termes allocations au décès désignent toute somme versée en une seule fois en cas de décès ; e) le terme résidence désigne la résidence habituelle ; f) le terme prescrit signifié déterminé par ou en vertu de la législation nationale, au sens de l’alinéa a) ci- dessus ; g) le terme réfugié a la signification qui lui est attribuée à l’article premier de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ; h) le terme apatride a la signification qui lui est at- tribuée à l’article premier de la Convention du 28 sep- tembre 1954 relative au statut des apatrides.
1. Tout Membre peut accepter les obligations de la présente convention en ce qui concerne l’une ou plu- sieurs des branches de sécurité sociale suivantes, pour lesquelles il possède une législation effective- ment appliquée sur son territoire à ses propres res- sortissants : a) les soins médicaux ; b) les indemnités de maladie ; c) les prestations de maternité ; d) les prestations d’invalidité ; e) les prestations de vieillesse ; f) les prestations de survivants ; g) les prestations d’accidents du travail et de maladies professionnelles ; h) les prestations de chômage ; i) les prestations aux familles. 2. Tout Membre pour lequel la présente convention est en vigueur doit appliquer les dispositions de la- dite convention en ce qui concerne la branche ou les branches de sécurité sociale pour lesquelles il a ac- cepté les obligations de la convention. 3. Tout membre doit spécifier, dans sa ratification la branche ou les branches de sécurité sociale pour lesquelles il accepte les obligations de la présente convention. 4. Tout Membre qui a ratifié la présente convention peut, par la suite, notifier au Directeur général du Bureau international du Travail qu’il accepte les obligations de la convention en ce qui concerne l’une des branches de sécurité sociale qui n’ont pas déjà été spécifiées dans sa ratification, ou plusieurs d’entre elles. 5. Les engagements prévus au paragraphe précédent seront réputés partie intégrante de la ratification et porteront des effets identiques dès la date de leur notification. 6. Aux fins de l’application de la présente convention, tout Membre qui en accepte les obligations en ce qui concerne une branche quelconque de sécurité sociale doit, le cas échéant, notifier au Directeur général du Bureau international du Travail les prestations prévues par sa législation qu’il considère comme : a) des prestations autres que celles dont l’octroi dépend, soit d’une participation financière directe des personnes protégées ou de leur employeur, soit d’une condition de stage professionnel ; b) des prestations accordées au titre de régimes transitoires. 7. La notification prévue au paragraphe précédent doit être effectuée au moment de la ratification ou de la notification prévue au paragraphe 4 du présent ar- ticle et, en ce qui concerne toute législation adoptée ultérieurement, dans un délai de trois mois à dater de l’adoption de celle-ci.
1. Tout Membre pour lequel la présente convention est en vigueur doit accorder, sur son territoire, aux res- sortissants de tout autre Membre pour lequel ladite convention est également en vigueur, l’égalité de traite- ment avec ses propres ressortissants au regard de sa législation, tant en ce qui concerne l’assujettissement que le droit aux prestations, dans toute branche de sécurité sociale pour laquelle il a accepté les obliga- tions de la convention. 2. En ce qui concerne les prestations de survivants, cette égalité de traitement doit en outre être accordée aux survivants des ressortissants d’un Membre pour lequel la présente convention est en vigueur, sans égard à la nationalité desdits survivants. 3. Toutefois, en ce qui concerne les prestations d’une branche de sécurité sociale déterminée, un Membre peut déroger aux dispositions des paragraphes précé- dents du présent article, à l’égard des ressortissants de tout autre Membre qui, bien qu’il possède une légis- lation relative à cette branche, n’accorde pas, dans ladite branche, l’égalité de traitement aux ressortis- sants du premier Membre.
1. En ce qui concerne le bénéfice des prestations, l’égalité de traitement doit être assurée sans condition de résidence. Toutefois, elle peut être subordonnée à une condition de résidence, en ce qui concerne les prestations d’une branche de sécurité sociale déter- minée, à l’égard des ressortissants de tout Membre dont la législation subordonne l’octroi des prestations de la même branche à une condition de résidence sur son territoire. 2. Nonobstant les dispositions du paragraphe précé- dent, le bénéfice des prestations visées au paragraphe 6 a) de l’article 2 -- à l’exclusion des soins médicaux, des indemnités de maladie, des prestations d’acci- dents du travail ou de maladies professionnelles et des prestations aux familles -- peut être subordonné à la condition que le bénéficiaire ait résidé sur le ter- ritoire du Membre en vertu de la législation duquel la prestation est due ou, s’il s’agit de prestations de sur- vivants, que le défunt y ait résidé pendant une durée qui ne peut, selon le cas, être fixée à plus de : a) six mois, immédiatement avant la demande de prestation, en ce qui concerne les prestations de ma- ternité et les prestations de chômage ; b) cinq années consécutives, immédiatement avant la demande de prestation, en ce qui concerne les prestations d’invalidité, ou avant le décès, en ce qui concerne les prestations de survivants ; c) dix années après l’âge de dix-huit ans dont cinq années consécutives peuvent être exigées immédiate- ment avant la demande de prestation en ce qui con- cerne les prestations de vieillesse. 3. Des dispositions particulières peuvent être pres- crites en ce qui concerne les prestations accordées au titre de régimes transitoires. 4. Les dispositions requises pour éviter le cumul de prestations seront réglées, en tant que de besoin, par des arrangements particuliers pris entre les Membres intéressés.
1. En plus des dispositions de l’article 4, tout Membre qui a accepté les obligations de la présente conven- tion, pour l’une ou plusieurs des branches de sécu- rité sociale dont il s’agit au présent paragraphe, doit assurer, à ses propres ressortissants et aux ressor- tissants de tout autre Membre ayant accepté les obli- gations de ladite convention pour une branche corre- spondante, en cas de résidence à l’étranger, le service des prestations d’invalidité, des prestations de vieil- lesse, des prestations de survivants et des allocations au décès, ainsi que le service des rentes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, sous ré- serve des mesures à prendre à cet effet, en tant que de besoin, conformément aux dispositions de l’article 8. 2. Toutefois, en cas de résidence à l’étranger, le ser- vice des prestations d’invalidité, de vieillesse et de survivants du type visé au paragraphe 6 a) de l’article 2 peut être subordonné à la participation des Mem- bres intéressés au système de conservation des droits prévu à l’article 7. 3. Les dispositions du présent article ne s’appliquent pas aux prestations accordées au titre de régimes transitoires.
En plus des dispositions de l’article 4, tout Membre qui a accepté les dispositions de la présente convention pour les prestations aux familles devra garantir le bénéfice des allocations familiales à ses propres ressortissants et aux ressortissants de tous autres Membres ayant accepté les obligations de ladite convention pour la même branche, en ce qui concerne les enfants qui résident sur le territoire de l’un de ces Membres, dans les conditions et limites à fixer d’un commun accord entre les Membres intéressés.
1. Les Membres pour lesquels la présente convention est en vigueur devront, sous réserve de conditions à arrêter d’un commun accord entre les Membres in- téressés conformément aux dispositions de l’article 8, s’efforcer de participer à un système de conservation des droits acquis et des droits en cours d’acquisition, reconnus en application de leur législation aux res- sortissants des Membres pour lesquels ladite conven- tion est en vigueur, au regard de toutes les branches de sécurité sociale pour lesquelles les Membres con- sidérés auront accepté les obligations de la convention. 2. Ce système devra prévoir notamment la totalisation des périodes d’assurance, d’emploi ou de résidence et des périodes assimilées pour l’ouverture, le maintien ou le recouvrement des droits, ainsi que pour le calcul des prestations. 3. Les charges des prestations d’invalidité, des presta- tions de vieillesse et des prestations de survivants ainsi liquidées devront être, soit réparties entre les Membres intéressés, soit supportées par le Membre sur le territoire duquel les bénéficiaires résident, selon des modalités à déterminer d’un commun accord entre les Membres intéressés.
Les Membres pour lesquels la présente convention est en vigueur pourront satisfaire à leurs obligations ré- sultant des dispositions des articles 5 et 7, soit par la ratification de la convention sur la conservation des droits à pension des migrants, 1935, soit par l’appli- cation entre eux des dispositions de cette convention, en vertu d’un accord mutuel, soit au moyen de tout instrument multilatéral ou bilatéral garantissant l’exécution desdites obligations.
Les Membres peuvent déroger à la présente convention par voie d’arrangements particuliers, sans affecter les droits et obligations des autres Membres et sous réserve de régler la conservation des droits acquis et des droits en cours d’acquisition dans des conditions qui, dans l’ensemble, soient au moins aussi favorables que celles prévues par ladite convention.
1. Les dispositions de la présente convention sont ap- plicables aux réfugiés et aux apatrides sans condition de réciprocité. 2. La présente convention ne s’applique pas aux ré- gimes spéciaux des fonctionnaires, ni aux régimes spéciaux des victimes de guerre, ni à l’assistance publique. 3. La présente convention n’oblige aucun Membre à appliquer ses dispositions aux personnes qui, en vertu d’instruments internationaux, sont exemptées de l’application des dispositions de sa législation nationale de sécurité sociale.
Les Membres pour lesquels la présente convention est en vigueur doivent se prêter mutuellement, à titre gratuit, l’assistance administrative requise en vue de faciliter l’application de ladite convention, ainsi que l’exécution de leurs législations de sécurité sociale respectives.
1. La présente convention ne s’applique pas aux prestations dues avant l’entrée en vigueur, pour le Membre intéressé, des dispositions de la convention en ce qui concerne la branche de sécurité sociale au titre de laquelle lesdites prestations sont dues. 2. La mesure dans laquelle la convention s’applique à des prestations dues après l’entrée en vigueur, pour le Membre intéressé, de ces dispositions en ce qui concerne la branche de sécurité sociale au titre de laquelle ces prestations sont dues, pour des éventua- lités survenues avant ladite entrée en vigueur, sera déterminée par voie d’instruments multilatéraux ou bilatéraux ou, à défaut, par la législation du Membre intéressé.
La présente convention ne doit pas être considérée comme portant révision de l’une quelconque des con- ventions existantes.
Les ratifications formelles de la présente convention seront communiquées au Directeur général du Bureau international du Travail et par lui enregistrées.
1. La présente convention ne liera que les Membres de l’Organisation internationale du Travail dont la rati- fication aura été enregistrée par le Directeur général. 2. Elle entrera en vigueur douze mois après que les ratifications de deux Membres auront été enregistrées par le Directeur général. 3. Par la suite, cette convention entrera en vigueur pour chaque Membre douze mois après la date où sa ratification aura été enregistrée.
1. Tout Membre ayant ratifié la présente convention peut la dénoncer à l’expiration d’une période de dix années après la date de la mise en vigueur initiale de la convention, par un acte communiqué au Directeur général du Bureau international du Travail et par lui enregistré. La dénonciation ne prendra effet qu’une année après avoir été enregistrée. 2. Tout Membre ayant ratifié la présente convention qui, dans le délai d’une année après l’expiration de la période de dix années mentionnée au paragraphe précédent, ne fera pas usage de la faculté de dénonciation prévue par le présent article sera lié pour une nouvelle période de dix années et, par la suite, pourra dénoncer la présente convention à l’expiration de chaque période de dix années dans les conditions prévues au présent article.
1. Le Directeur général du Bureau international du Travail notifiera à tous les Membres de l’Organisation internationale du Travail l’enregistrement de toutes les ratifications et dénonciations qui lui seront communiquées par les Membres de l’Organisation. 2. En notifiant aux Membres de l’Organisation l’en- registrement de la deuxième ratification qui lui aura été communiquée, le Directeur général appellera l’at- tention des Membres de l’Organisation sur la date à laquelle la présente convention entrera en vigueur.
Le Directeur général du Bureau international du Tra- vail communiquera au Secrétaire général des Nations Unies, aux fins d’enregistrement, conformément à l’article 102 de la Charte des Nations Unies, des ren- seignements complets au sujet de toutes ratifications et de tous actes de dénonciation qu’il aura enregistrés conformément aux articles précédents.
Chaque fois qu’il le jugera nécessaire, le Conseil d’administration du Bureau international du Travail présentera à la Conférence générale un rapport sur l’application de la présente convention et examinera s’il y a lieu d’inscrire à l’ordre du jour de la Conférence la question de sa révision totale ou partielle.
1. Au cas où la Conférence adopterait une nouvelle convention portant révision totale ou partielle de la présente convention, et à moins que la nouvelle con- vention ne dispose autrement : a) la ratification par un Membre de la nouvelle con- vention portant révision entraînerait de plein droit, nonobstant l’article 16 ci-dessus, dénonciation im- médiate de la présente convention, sous réserve que la nouvelle convention portant révision soit entrée en vigueur ; b) à partir de la date de l’entrée en vigueur de la nou- velle convention portant révision, la présente conven- tion cesserait d’être ouverte à la ratification des Mem- bres. 2. La présente convention demeurerait en tout cas en vigueur dans sa forme et teneur pour les Membres qui l’auraient ratifiée et qui ne ratifieraient pas la convention portant révision.
Les versions française et anglaise du texte de la présente convention font également foi.